Lors de ses voyages en Géorgie, le baron de Baye est particulièrement attiré par les vendanges. Entre 1897 et 1904, chaque année, il assiste aux vendanges dans les différentes régions et décrit ses impressions dans ses rapports de missions.
Voici son récit concernant la Gouria - une des régions viticoles de Géorgie, célèbre par ses cépages endémiques, tels que Djani ou Chkhavéri.
Vendanges à Ozurgéti. Photo prise par le baron de Baye lors de son voyage en Géorgie, en 1901.
Crédit RMN
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« C’était au temps de la vendange ; et dans la Gourie, on
peut dire qu’elle se pratique de façon quasi-aérienne. En effet, les vignes
plantées au pied des arbres qui sont élevés et branchus, s’abandonnent à leurs
caprices, grimpent avec hardiesse et s’étendent dans les frondaisons. C’est
donc en haut des arbres, qu’il faut aller cueillir les pampres.
Pour se livrer à cette besogne, on se hisse aux arbres avec
des paniers cylindriques que l’on fixe aux branches avec un gros crochet de
bois. Plus les grappes sont nombreuses là-haut, plus le pied de la
vigne est gros et vieux. Rien de plus pittoresque que les gigantesques torsades
de ces ceps autour des troncs séculaires, et que la manière dont la vigne court
d’un arbre à l’autre, formant d’innombrables et gracieuses guirlandes dont les
grappes sont les pendants.
La vigne, là-bas, est la reine de tous les végétaux ; et
pour le vin, l’homme professe un véritable culte. Ce vin est conservé dans d’immenses poteries enterrées dans
le sol de l’enclos, devant la maison, sous des arbres dont les rameaux épais
forment un berceau de verdure.
L’endroit où repose le vin plaît par ses ombrages ; les
repas en plein air y réunissent la famille ; dans l’amphore privée de son
couvercle, chacun puise à son gré sans quitter sa place. Lors de mon passage,
les grappes pendaient encore, sous le dôme d’un ciel bleu, dans l’écrin
empourpré de leurs feuilles d’automne. »
Joseph de Baye. En Iméréthie : Souvenirs d’une mission.
Paris, 1902
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